CULTURE JAZZ 09 2013

Des courbes insidieusement morcelées au travers de tribulations...

...C’est l’esprit en éveil qu’ils délogent avec une grande perspicacité, le train-train du musicien ressassant à l’infini son da capo. La démarche est en marche dès le premier morceau. Pas à pas, la structure musicale va se dévoiler à notre intérêt attisé par la curiosité de ce qui va suivre. La tonalité des corps de souffle se charge sur un registre empli de malice aux courbes insidieusement morcelées au travers de tribulation. Une des meilleures espèces à la manœuvre, où les propagateurs se confondent tantôt inséparablement tantôt diversement, offrant une réunion méthodique mais aussi clairvoyante. Cette continuation quadripartite éclairée, constitue un volet d’imageries où la parole instrumentale donne toute sa voix à ce tableau trivalent (Trompettes, Trombone, Clarinette) qui s’y montre empli d’une identité nourricière.

Disque courageusement ailé qui sollicite un des organes les plus précieux chez l’être humain, celui qui insuffle de la respiration, que les instruments vont venir abondamment révéler à la sagesse de la fuite évolutive, en s’essoufflant les poumons dans de multiples cavalcades. Tous ces éléments à vents s’emboitent les uns aux autres, pour le devenir d’un assemblage signifiant. L’ouvrage s’apparente à un puzzle avec lequel le hasard ne semble pas exclu pour le joueur, sur un terrain de jeu où l’exigence est de mise et préside au sens. Ils suivent cette ligne de force sur un territoire qu’ils fouillent de fond en comble. Dans cette progression ils avancent en véritables fouineurs, auscultant la moindre petite faiblesse jusqu’à l’état de crise. Incursion discographique d’une quarantaine de minutes consistantes, durant lesquelles ils s’aventurent comme s’ils jouaient à saute-mouton dans l’enchainement des sept chapitres. Sans se laisser tromper par des évidences éculées, tant le subsistant indompté qu’ils ravivent fulmine d’espaces imprévisibles..