Mad Kluster Vol. 1 in Jazzfan

On connait le côté investigateur de Bruno Tocanne, son monde musicale créatif et libre qu’il a su mettre en évidence au sein des trios « Tocannes/Martin/Gaudillat », « Résistances », « I-Overdrive », ou des projets « 5 New Dreams », « 4 New Dreams », « Libre(s) ensemble »... Dans une interview publiée fin 2009 sur culturejazz.fr, nous évoquions le parcours croisé et particulièrement riche du guitariste et compositeur Alain Blesing. Après un intérêt majeur consacré aux musiques traditionnelles occidentales et orientales (quartet de Senem Diyici, Octet « Yörük », onzetet « Trois images du désert »), Alain Blesing exprimait sa volonté de revenir au rock progressif des années 70 avec son septet « Songs From The Begining » et l’ensemble de guitares « Dans les cordes ».

Qu’ont donc en commun ces deux musiciens ? Leur parcours respectif a été marqué par le rock progressif et le jazz électrique des années 70. Entre 1975 et 1982, Alain Blesing participait aux groupes Eskaton,Foehn et Arsenal. Bruno Tocanne fréquentait des groupes de pop rock au début des années 80, avant de se consacrer aux jazz et musiques improvisées. Tous deux ont le désir continuel de repousser les limites de leur musique et de conjuguer liberté et rigueur dans leurs improvisations. Leur réunion pour créer le « power » quartet « Mad Kluster » n’a donc rien d’étonnant. A l’écoute de « Céline » signé Benoît Keller(seule composition qui n’est pas du guitariste), on découvre une introduction mélodieuse, assez triste et particulièrement touchante, qui laisse place à une très belle improvisation du contrebassiste (laquelle est l’occasion d’apprécier le talent de ce musicien discret d’origine bourguignonne). La musique prend une tournure radicalement différente dès le deuxième thème, dont le titre (« Rock’n molle ») annonce franchement la couleur générale de l’album mais rassurez-vous, la musique est loin d’être molle. Elle est au contraire vivante, mouvante et captivante de part l’énergie qu’elle véhicule et la diversité des reliefs abruptes qu’elle nous invite à découvrir. Des thèmes simples sont utilisés comme prétexte de jeu pour des improvisations évolutives où chacun est libre d’expérimenter le mixage entre le rock progressif et le jazz électrique. L’esthétique musicale surprend sur « Bagdad Business », « Désert » et « Hop » dans lesquels on apprécie l’attache au sens de la mélodie, les ruptures de formes et les envolées électriques propulsées par la rythmique franche et précise de Tocanne. Alain Blesing retrouve ici une position de soliste sans pour autant revendiquer l’image d’un « guitare héros » et sans ignorer son rôle fondamental de coloriste qu’il a su mener avec excellence dans certains de ses projets plus personnels. Ce premier disque relate d’une grande maturité musicale, notamment par l’effort apporté à l’évolution des artifices sonores entrepris par le trompettiste Fred Roudet. Son jeu nous rappelle Miles Davis (version années 70) et le son exploré par Erik Truffaz. Les influencent du « Lifetime » de Tony Williams sont proches sans oublier des évocations à l’Art Ensemble of Chicago, au jazz libertaire du Workshop de Lyon et à l’univers de John McLauglin entre 68 et 76.

On connait le côté investigateur de Bruno Tocanne, son monde musicale créatif et libre qu’il a su mettre en évidence au sein des trios « Tocannes/Martin/Gaudillat », « Résistances », « I-Overdrive », ou des projets « 5 New Dreams », « 4 New Dreams », « Libre(s) ensemble »... Dans une interview publiée fin 2009 sur culturejazz.fr, nous évoquions le parcours croisé et particulièrement riche du guitariste et compositeur Alain Blesing. Après un intérêt majeur consacré aux musiques traditionnelles occidentales et orientales (quartet de Senem Diyici, Octet « Yörük », onzetet « Trois images du désert »), Alain Blesing exprimait sa volonté de revenir au rock progressif des années 70 avec son septet « Songs From The Begining » et l’ensemble de guitares « Dans les cordes ».

Qu’ont donc en commun ces deux musiciens ? Leur parcours respectif a été marqué par le rock progressif et le jazz électrique des années 70. Entre 1975 et 1982, Alain Blesing participait aux groupes Eskaton,Foehn et Arsenal. Bruno Tocanne fréquentait des groupes de pop rock au début des années 80, avant de se consacrer aux jazz et musiques improvisées. Tous deux ont le désir continuel de repousser les limites de leur musique et de conjuguer liberté et rigueur dans leurs improvisations. Leur réunion pour créer le « power » quartet « Mad Kluster » n’a donc rien d’étonnant. A l’écoute de « Céline » signé Benoît Keller(seule composition qui n’est pas du guitariste), on découvre une introduction mélodieuse, assez triste et particulièrement touchante, qui laisse place à une très belle improvisation du contrebassiste (laquelle est l’occasion d’apprécier le talent de ce musicien discret d’origine bourguignonne). La musique prend une tournure radicalement différente dès le deuxième thème, dont le titre (« Rock’n molle ») annonce franchement la couleur générale de l’album mais rassurez-vous, la musique est loin d’être molle. Elle est au contraire vivante, mouvante et captivante de part l’énergie qu’elle véhicule et la diversité des reliefs abruptes qu’elle nous invite à découvrir. Des thèmes simples sont utilisés comme prétexte de jeu pour des improvisations évolutives où chacun est libre d’expérimenter le mixage entre le rock progressif et le jazz électrique. L’esthétique musicale surprend sur « Bagdad Business », « Désert » et « Hop » dans lesquels on apprécie l’attache au sens de la mélodie, les ruptures de formes et les envolées électriques propulsées par la rythmique franche et précise de Tocanne. Alain Blesing retrouve ici une position de soliste sans pour autant revendiquer l’image d’un « guitare héros » et sans ignorer son rôle fondamental de coloriste qu’il a su mener avec excellence dans certains de ses projets plus personnels. Ce premier disque relate d’une grande maturité musicale, notamment par l’effort apporté à l’évolution des artifices sonores entrepris par le trompettiste Fred Roudet. Son jeu nous rappelle Miles Davis (version années 70) et le son exploré par Erik Truffaz. Les influencent du « Lifetime » de Tony Williams sont proches sans oublier des évocations à l’Art Ensemble of Chicago, au jazz libertaire du Workshop de Lyon et à l’univers de John McLauglin entre 68 et 76.

Un vrai chef d’œuvre électrique qui devraient éveiller les oreilles des plus curieux. On ne peut regretter qu’une seule chose : les prestations trop rares de ce groupe sur scène et la breveté du disque (43 minutes), qui sous entend une suite que l’on attend avec impatience...

Armel Bloch.

 

. On ne peut regretter qu’une seule chose : les prestations trop rares de ce groupe sur scène et la breveté du disque (43 minutes), qui sous entend une suite que l’on attend avec impatience...

Armel Bloch.