Gaudillat Tocanne Canto de Multitudest.j

Rémi Gaudillat : tpt, flugelhorn

Bruno Tocanne : dms

Elodie Pasquier : clars

Lucia Recio : vocal

Bernard Santacruz : double bass

Recorded in october 2014, mixed in january 2015, masterd in april 2015 by Pierre Vandewaeter in Lakanal Studio Montpellier

1/ Hymne

2/ Sur la place

3/ Mapocho

4/ Ceux d'en bas

5/ Le peuple victorieux

6/ Atacama

7/ En friche - Introduction

8/ En friche

9/ Chant du retour

10/ Patria de Multitudes

All compositions by Rémi Gaudillat, except 10 by Edurado Carasco (Quilapayun)

“Je ne suis pas seul dans la nuit,

dans l'obscurité de la terre.

Je suis peuple, peuple innombrable.

J'ai dans ma voix la force pure

qu'il faut pour franchir le silence

et germer parmi les ténèbres.”
PABLO NERUDA

 

La création  CANTO DE MULTITUDES s’inscrit naturellement au cœur de l'engagement artistique du réseau imuZZic dirigé par Bruno Tocanne
Une traversée singulière de CANTO GENERAL, chef d’œuvre d’humanité, de résistance et d’espoir, que nous a offert PABLO NERUDA

Dans un déferlement d’images et de métaphores puissantes, Pablo Neruda parle de l’Amérique originelle, force vivante, terre grandiose et maternelle, de la nature exubérante et fertile, de ses peuples discriminés et de leurs cultures réduites au silence. A contre-courant de l’histoire officielle, il rappelle aux chiliens et plus largement aux latino-américains, la composante indienne de l’histoire du continent et de ses peuples.

 

La complicité entre Rémi Gaudillat et Bruno Tocanne n'est plus à démontrer au vu de l'ensemble des projets qu'ils ont initiés ou auxquels ils participent ensemble, comme "Et un vint un mec d'outre saison" avec Marcel Kanche en hommage à Léo Ferré, une relecture de "Escalator Over The Hill" de Carla Bley et Paul Haines, en passant par le Bruno Tocanne « In a Suggestive way » ou l'univers du Rock Bottom de Robert Wyatt avec "Sea Song(e)s" ...

Pour aboutir à cette création qui n'est pas sans rappeler le travail du Trio Résistances, Ils ont tout naturellement fait appel à deux de leurs complices : Élodie Pasquier et Bernard Santacruz ainsi qu'à la chanteuse – vocaliste - improvisatrice Lucia Recio. Cette dernière, d'origine andalouse, s'est emparée des textes et de la musique avec la générosité et l'inventivité qu'on lui connaît, tout en faisant le pari du mélange des langues espagnoles et françaises, de l'utilisation du récitatif, de la chanson et de l'improvisation brute.

JAZZ MAGAZINE  ****

Un projet ambitieux pour un très bel hommage

"Cet ambitieux projet est produit par le réseau imuZZic dont on connaît les valeurs affirmées de partage, d'ouverture et... de résistance. Voici donc un très bel hommage au recueil fleuve de l'écrivain chilien Pablo Neruda, "Canto General" (1950), déversant sa rage d’exilé, sa force et ses espoirs en quinze "chants" totalisant 342 poèmes. Si le principe de la transposition musicale de ce condensé de lyrisme et d'humanité va presque de soi, la première réussite de Rémi Gaudillat et Bruno Tocanne réside dans le choix de quelques bijoux littéraires, illuminés par la diction contrastée de Lucia Recio. A partir de là s'imposent la justesse et la variété de la mise en musique : étonnant travail de "fausse synchronisation" entre la déclamation et la mélodie, enveloppement du poème par une texture inextricable, récitatif accompagné par un choral aérien. Un vent de "Complete Communion" (Don Cherry avec Gato Barbieri, 1965) souffle ici. Un vent d'ARFI aussi dans les unissons puissants ou délicats entre trompette et clarinette. Lucia Recio est saisissante quand elle libère son cri inouï, de douleur et de jubilation mêlées ou qu'elle jongle subtilement avec les registres vocaux. Elodie Pasquier et Rémi Gaudillat, par la variété des intonations, transmettent à merveille la voix qui s'exhale de la poésie. Après l'émouvant final, on éprouve l'urgence de redécouvrir cette littérature de résistance." - Vincent Cotro

CITIZEN JAZZ ELU
Un disque indispensable

«On ne fera pas ici l’exégèse du Canto General publié en 1950 par Pablo Neruda. Ce recueil de 342 poèmes constitue une œuvre majeure de la littérature latino-américaine, et dit toute la passion que l’écrivain chilien vouait à son peuple dans un cri de révolte ; il est l’expression exaltée d’une solidarité envers tous celles et ceux qui souffrent. Une ode à la liberté définie comme valeur éternelle, brandie à la face des oppresseurs de tout poil, par-delà les siècles et les continents. Aussi, comment s’étonner que deux musiciens tels que Rémi Gaudillat et Bruno Tocanne aient souhaité s’emparer d’une telle somme pour la recréer avec une fièvre contagieuse, expression de leur propre hymne à l’épanouissement de l’être humain ? Ces deux-là sont coutumiers du fait : ils ont su traduire à leur manière l’imaginaire tourmenté du premier guitariste de Pink Floyd, dans un I.Overdive Trio emmené par Philippe Gordiani (Hommage à Syd Barrett) ; avec Marcel Kanche, ils se sont emparés d’un univers pétri de passion et de rage, celui du grand Léo Ferré (Et vint un mec d’outre-saison). On retrouvera prochainement sur disque leur passionnante relecture d’Escalator Over The Hill, la chronotransduction de Carla Bley et Paul Haynes (Over The Hills). On connaît aussi leur besoin d’air libertaire qu’ils respirent à pleins poumons, parce que notre monde vicié nous menace d’asphyxie, en grand ensemble parfois (Libre(s)Ensemble) ou en formation plus réduite (« 4 New Dreams ! »). Tocanne et Gaudillat se connaissent sur le bout des doigts, ou plutôt, devrait-on dire, sur le bout des âmes. Le premier, batteur aux mille couleurs suggérées (il faut redécouvrir «In A Suggestive Way», dédicacé au grand Paul Motian), fait partie de ces musiciens aptes à marier le feu et l’eau sans les dénaturer. Il multiplie les rencontres et fait vivre ses rêves en musique à travers un réseau, imuZZic, dont il est le pilote. Le second, trompettiste compositeur de mélodies qui, toutes, sonnent comme des chants aux allures d’hymnes, fait lui-même partie de ce réseau et a pu démontrer son aptitude à dessiner de magnifiques fresques - telle celle du Chant des possibles - ou à célébrer avec éclat un musicien comme Lester Bowie au sein du groupe Docteur Lester (No Way !). Canto de Multitudes est à la hauteur de ses ambitions. Il faut dire que les moyens humains mis au service de cette cause noble témoignent d’une volonté de servir l’œuvre avec foi. On retrouve aux côtés de ses deux initiateurs Élodie Pasquier, clarinettiste chez qui l’idée de liberté est un principe actif (elle évoluait d’ailleurs au sein de Libre(s)Ensemble), le contrebassiste Bernard Santacruz, co-concepteur du projet « Over The Hills » dont le jeu est nourri de rock et de jazz comme de musiques improvisées. Enfin, la chanteuse Lucia Recio, dont les racines andalouses et la diversité des expériences peuvent expliquer l’intensité du feu qui semble incendier chacune de ses interventions. Il ne faut que quelques secondes pour se laisser happer par Canto de Multitudes : impossible d’échapper à l’étreinte de sa poésie et à la brûlure d’une braise qui couve dans chacune de ces dix compositions. C’est d’abord la voix de Lucia Recio qui crée l’envoûtement : récit aux intonations solennelles, chant, murmure au creux de l’oreille, cri, halètement vertigineux, elle passe de la fièvre à l’exaltation et s’offre comme un instrument à part entière, nourrissant les textes de Neruda de toute la force intérieure qu’il requièrent. Les thèmes, dont neuf sont composés par Rémi Gaudillat, se dressent fièrement, à la façon d’étendards. Ce sont des hymnes (qui, parfois, renvoient à l’esthétique du Liberation Music Orchestra)... L’association Gaudillat – Pasquier fonctionne à merveille ; leurs lignes mélodiques se confondent, se croisent et alternent caresses et motifs aux envolées free..., symboles de révolte. La paire rythmique est en symbiose : Bruno Tocanne, fidèle à son approche altruiste, soutient la marche en avant du groupe avec force et souplesse (...) ou l’invite à une approche plus contemplative et pacifiée en effleurant peaux et cymbales (...). Il peut compter sur l’appui d’un Santacruz conquérant. Avec ou sans archet, qu’elle soit pulsion profonde ou source d’échappées vers un inconnu dissonant, sa contrebasse fait circuler le sang dans un quintet organique. Comme l’œuvre qui l’a inspiré, Canto de Multitudes est un coup de poing dont le souffle puissant est celui de l’âme des hommes et des femmes en éveil face à la violence du monde, ceux-là mêmes qui, conscients de ses richesses, savent aussi s’émerveiller de ses beautés. Il est une nouvelle page tournée dans un autre grand livre, celui des résistances dont Bruno Tocanne, Rémi Gaudillat et leurs compagnons ont commencé l’écriture il y a de longues années. Une belle histoire qui nous invite à être libres, ensemble. Un disque indispensable.» Denis Desassis

SUNSHIP - TOP 10 

Une des plus belle chose qui a été donnée d'entendre cette année

«...C'est donc tout à fait naturellement que le trompettiste s'approprie en quintet les textes de Pablo Neruda dans un Canto de Multitudes qui –tuons tout de suite toute forme de suspens- est l'une des plus belle chose qui a été donné d'entendre cette année. Parce que l'interprétation est en un équilibre parfait entre espoir et désespoir. Parce que les couleurs sont à la fois vive et sombre et souvent tout en même temps. Parce que dès que la clarinette basse d'Elodie Pasquier –qu'on a vu au sein du duo Orties- s'époumone de colère en soutien d'une trompette fière et conquérante au tout début de « Hymne » qui vous jette dans l'arène au milieu des combattants. On se souvient que Tocanne et Gaudillat sont des amateurs de Carla Bley, à laquelle ils ont rendu hommage. Il y a dans cette puissance pleine de lyrisme quelque chose du Liberation Music Orchestra. C'est beau et c'est notre musique. Parce qu'aussi, et sans doute surtout les textes de Neruda sont tirés du Canto General, un recueil de texte d'exil qui fut l'un des ferments de l'arrivée au pouvoir de Salvador Allende, dont on connait la fin, qui fut aussi celle de Neruda. Au chant, c'est la grande Lucia Recio qui se saisit de ces textes. C'est LA voix du Buenaventura Durruti de chez nato, soit pour moi l'entrée tête la première dans cette musique et son esthétique révolutionnaire (et elle a bossé avec le Grencsó Kollectiva, ce qui est important pour moi). Elle est ahurissante de justesse et de force, dans ses cris au milieu d'une trompette forte, enjouée, heureuse sur « le peuple victorieux » ou au contraire dans cette légèreté vaguement malsaine qui tutoie la mort sur le formidable « Mapocho » où la contrebasse de Bernard Santacruz fait encore des miracles, comme elle en faisait au cœur de Sonic Communion. C'est un très bel orchestre qu'a réunit Gaudillat. Très complémentaire, revendiquant à la fois une vraie tradition d'un jazz libertaire et une écriture ciselée, très réfléchie. Avec Santacruz, à la fois rythmicien incroyable et capable d'induire des climats profonds à l'archet, on se souvient que toute cette tribu est lyonnaise et que plane au dessus de ce disque la figure tutélaire de l'ARFI, avec qui Recio a souvent travaillé. Il y a une communion de lutte, évidente dans un morceau « Chant de retour » où les deux soufflants se croisent sur des trames de batterie et de contrebasse dense et tout à la fois aussi gonflé d'espoir qu'une marche (Danse et...). Dans le disque défile tout une cosmogonie de la Lutte, des luttes, qu'elles soient culturelles ou classistes (on cherchera une différence, quand bien même je la dénote), sans que rien ne soit plaqué. On y revient. C'est beau et c'est notre musique. Les textes forts de Neruda, sont fluides dans la bouche de Recio, qui ne les déclame pas, mais au contraire leur imprime un rythme qui éclaire le travail des improvisateurs. Le magnifique « Sur la place » permet de déplier les vers avec la morgue d'une mitraillette ; l'espace d'un instant, on croirait retrouver le timbre d'Elise Caron dans le Sade Songs d'Archimusic. La grande réussite du quartet, c'est de rendre tout naturel, de ne jamais surjouer cette déclaration d'amour à la Liberté qui trouve dans « En Friche » sa traduction Libertaire. Le Petit Label de Caen (on avait évoqué Verøna) accueille Canto de Multitudes comme un cadeau. C'est réellement un des disques très important de l'année, avec des musiciens remarquables. On ne peut que vivement le conseiller. Franpi Bariaud

MUSICOLOGIE.ORG

Un oratorio de lutte pour ces temps de crise... Superbe

Avec un brin de l'esprit des bandas (fanfares) républicaines du temps de la révolution espagnole, et de celui du Music Liberation Orchestra de Charlie Haden et Carla Bley, la petite bande emmenée par Rémi Gaudillat (trompette et bugle, compositions) et Bruno Tocanne (batterie) nous propose un oratorio de lutte pour ces temps de crise, en mettant en musique quelques extraits du "Canto General" de Pablo Neruda, publié en 1950 à Mexico après dix ans d'écriture tourmentée. Lucia Recio dit et chante en français et en espagnol cet hymne populaire en multipliant les registres possibles, de façon à lui donner une dimension encore plus universelle. Plus intemporelle aussi, pour les luttes du passé, du présent et à venir. Puisque les victoires du peuple (plage 5) sont toujours à reconquérir, la voix qui les clame se déchire déjà. Un processus toujours en friche, donc (plage 8). La trompette est étincelante, le bugle plus feutré, les clarinettes d'Élodie Pasquier sont souvent dans le murmure et le chuchotement. Sauf dans la seconde plage, Sur la place, où les instruments se chevauchent et entraînent la diseuse dans une sarabande vocale effrénée. À la contrebasse, Bernard Santacruz fait battre le cœur du quintette, et lui permet de renaître toujours de ses cendres, comme le phénix. Le dernier thème, Patria de Multitude, est emprunté à Eduardo Carasco des Quilapayun. Un superbe album, joliment illustré par Héléne Balcer... " Alain Lambert

JAZZ A PARIS

Une musique à la fois attachante et exigeante. Saisissant !

 

MOZAIC JAZZ
Un disque poignant

 

FIP RADIO 
Une plongée saisissante dans l'univers de Pablo Neruda

 

DJAM LA REVUE 
Sidéralement musical